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Le corps ne stocke pas les traumas

23 sept.
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 sept.

silhouette bleu matisse

Depuis des années, le monde de la thérapie et du bien-être utilise l’expression « le corps garde la trace du trauma ».


Aujourd’hui, les neurosciences prédictives nous invitent à affiner cette perspective.

Le corps ne stocke peut-être pas le trauma comme une archive dans ses tissus. Ce que nous appelons trauma pourrait être mieux compris comme une prédiction active de danger, constamment rejouée dans le présent.



D'abord :


Qu’est-ce que la vie ?

La vie est un flux.

Une invitation à ressentir ce qui est là.

À laisser les expériences arriver, nous toucher, nous transformer… puis repartir.



Qu’est-ce que le trauma ?

Je le formulerais comme ça :

une expérience que notre système n’a pas pu "digérer/vivre pleinement" au moment où elle s’est produite.

À l'instant-T, nous n’avions peut-être pas les ressources nécessaires pour se laisser traverser par le flux de la vie : par le spectre entier de nos sensations et émotions, telle qu'elles.


Ça paraît évidemment, mais, qu’est-ce que le corps ?

Pour moi, le corps n'est pas une machine faite de chair et d'os qui est subitement devenue consciente d'elle-même à 2 mois de grossesse. Le corps est un champ sensoriel.

Un champ d’informations.

Un endroit où la conscience globale peut rencontrer ce qui se passe au travers de la zone "j U n i" ou la zone "François".


D'ailleurs ça fait plus de 5000 ans que la philosophie du yoga le sait.

C'est ce qu'on appelle les koshas : les couches ou dimensions de l’expérience humaine.


  1. Il y a le corps de matière tangible (là où la science occidentalle s'arrête), Annamayakosha.

  2. Puis le corps de flux énergétiques, invisible et pourtant palpable, Pranamayakosha (la où les médecines orientales comme l'acupuncture s'appuient).

  3. Le corps mental, fait de nos pensées, de nos croyances, Manomayakosha (là où la psychologie agit).

  4. La dimension de discernement et de sagesse, Vijnanamayakosha (cela dépasse maintenant la psycholgie moderne... c'est un savoir entier, qui ne peut se goûter par l'expérience directe).

  5. Et enfin Anandamayakosha, associée à une expérience de totalité. Le "moi" se fond dans le tout. Il il n'y a plus personne pour faire l'expérience de la vie. Il y a juste LA VIE.





Cette cartographie nous rappelle que : nous sommes tellement plus complexes qu’un corps physique.

Et plus complexes aussi qu’un cerveau.


C’est là qu’Edgar Morin que vient en tête.

Edgar Morin nous invite à développer une pensée complexe.

Pas compliquée.

Complexe.

C’est différent.

La pensée complexe nous demande de résister l'envie de tout réduire à une seule cause.


Le corps OU le cerveau.

Les émotions OU les pensées.

La biologie OU la relation.


N'est-ce pas plutôt :

tout cela à la fois ?


une toile avec un arbre des insectes animaux et humains

La vie est une immense toile de relations.

Une chose influence l’autre.

Et parfois, deux choses apparemment contradictoires peuvent être vraies en même temps.

Je peux être forte et vulnérable.

Je peux être triste et profondément reconnaissante.

Je peux avoir peur et avancer.

Je peux ressentir une émotion très intense et rester en contact avec une partie de moi qui observe.


C’est précisément ce que j’aime dans mes pratiques de cœur : le Hatha Yoga, le Yoga Nidra et le Bhakti Yoga.

Elles nous apprennent, chacune à leur manière, à faire de la place aux contraires.


homme allongé en yoga nidra

Dans le Yoga Nidra, par exemple,

on peut inviter une sensation de chaleur à l’arrière du corps…

puis une sensation de fraîcheur à l’avant.

Et plutôt que de choisir :

« Je préfère la chaleur »ou« Je préfère le froid »,

on reste là.

Avec les deux.

En même temps.

On apprend que deux expériences différentes peuvent coexister sans que nous ayons besoin d’en éliminer une.



femme en posture de yoga

Dans le Hatha Yoga,

Ha — le soleil.

Tha — la lune.

Deux polarités.

Et dans une posture comme Virabhadrasana, le guerrier, on peut sentir les pieds qui s’enracinent dans la terre…

pendant que les bras montent vers le ciel.

Root to rise.

S’enraciner pour pouvoir s’élever. On découvre que les opposés peuvent se nourrir et s'enrichir, plutôt que de s'annuler.



Et dans le Bhakti Yoga,

on chante.

Parfois, je chante une note.

La personne à côté de moi en chante une autre.

Et pourtant, ces deux notes peuvent créer une harmonie.


groupe de chanteurs concentrés t émus

Elles n’ont pas besoin d’être identiques pour être ensemble.

J’aime beaucoup cette image.

Parce que peut-être que la santé psychique ressemble aussi un peu à cela.

Pas à devenir parfaitement lisse.

Pas à ne plus ressentir de contradictions.

Mais à pouvoir laisser plusieurs choses exister en nous sans qu’elles aient besoin de se faire la guerre.




Alors, dire que le corps ne « stocke » pas le trauma ne signifie absolument pas qu’il faut sortir le corps de l’équation.


C’est même l’inverse.

Le trauma est vécu dans le corps.


La gorge peut se serrer.

Le ventre peut se contracter.

La voix peut disparaître.

Les muscles peuvent se préparer à fuir, à combattre ou à se figer.


On peut savoir intellectuellement : « Je suis en sécurité. »

Et pourtant sentir : « Non. Quelque chose ne va pas. »


Alors oui, le corps est central.

Mais il n’est pas forcément un musé à traumas figés.

Il est peut-être plutôt l’un des endroits où notre histoire continue de se jouer dans le présent.


Et c’est là que la pratique d'un healing yoga somatique devient intéressante pour voir le trauma autrement.

Sur un tapis de yoga, on peut se rapprocher doucement de nos frontières.

Pas pour se faire violence.

Ou pour « libérer » à tout prix quelque chose qui serait stocké dans nos tissus.

Mais pour dés-apprendre au niveau du corps mental : les anticipations automatiques de danger.


Ça se passe comme ça :

On entre dans une posture.

On reste.

L’intensité augmente.

On peut sent émerger de la colère, de la résistance, de la honte, l'envie de fuir, d'insulter son prof, de maudire le choix d'être venu en cours...Etc.

Et c'est là que tout se joue au niveau de cette approche de neuroscience prédictive. C'est qu'au moment où toutes les résistances montent, on peut enfin changer le scripte. En plein dans la tempête de sensations, pensées, croyances... l'accompagnante en yoga thérapeutique / somatique (Du grec soma qui désigne le corps vécu de l'intérieur) va pouvoir nous rappeler à notre présence, à la part de soi plus vaste que le point de tension. Plutôt que de fuir.

On va rester en relation avec soi. Avec l'intensité.


On va apprendre à distinguer :

« Je ressens quelque chose de très intense »

de

« Je suis en danger. »

Et cette distinction décristallise le réflexe traumatique.

Un système organisé autour du danger ne change pas simplement parce qu’on lui explique que tout va bien. Comprendre intellectuellement notre trauma ne suffit pas à remplacer une croyance+réflexe de resistance en une croyance+réflexe de confiance.


La croyance+réflexe change lorsqu’elle fait l’expérience répétée qu’une autre réponse est possible.

Petit à petit, quelque chose peut se réouvrir.

On peut recommencer à goûter les moments doux… ET les moments intenses.

Sans avoir besoin de fuir systématiquement.

Sans se distraire immédiatement.

Sans combattre tout ce qui nous dérange.

Sans se figer.


On développe quelque chose qui ressemble à de la confiance.

Pas la confiance :

« Tout ira toujours bien. »

Mais plutôt :

« Quoi qu’il arrive, je pourrai être avec ce qui est là. »


Et ça, c'est une richesse qu'aucun compte en banque ne peut combler.


On devient plus ouvert, magnétique, disponible à la vie.


silhouette qui saute à bras ouverts dans un ciel jaune

On cherche tous la cohérence, le sens, le lien.

Et peut-être même, au-delà de tout ça, une forme de complétude.

Je pense même que l'intention unique de la vie est de nous ramener à notre intégralité, totalité, entièreté.


Alors peut-être que la bonne question n’est pas :

« Où est stocké mon trauma ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce que l’ensemble de mon système a appris à anticiper ? »

Et surtout :

« Quelles expériences, quelles relations, quelles pratiques pourraient me permettre d'envisager un autre avenir ? »

Si tu souhaites mettre tout cela en pratique. Rejoins une séance de Healing Yoga. Par Zoom ou en personne sur la Côte d'Azur. Sur inscription uniquement par email : junigrip@gmail.com Lundi 9h à 10h15 - Saint-Jeannet (Pratique de Yoga Somatique Intégral)

Lundi 18h30 à 19h30 - Nice (Healing Body) Lundi 19h45 à 20h45 - Nice (Healing Soul & Voice) Mardi 19h15 à 19h55 - Valbonne (Healing Body) Mardi 19h55 à 20h35 - Valbonne (Healing Soul Nidra) Mardi 20h35 à 21h15 - Valbonne (Healing Voice) Jeudi 18h30 à 19h45 - Saint-Jeannet (Pratique de Yoga Somatique Intégral) ______________ Sources : Kotler, S., Mannino, M., Fox, G. & Friston, K. (2026)

The body does not keep the score: trauma, predictive coding, and the restoration of metastability

Frontiers in Systems Neuroscience, 20, 1812957.

Time-locked multiregional retroactivation: a systems-level proposal for the neural substrates of recall and recognition.


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